Entre crainte d’un bouleversement du marché du travail et espoir d’un gain de productivité, RH et pros de la formation s’interrogent… Quels sont les changements et enjeux à prévoir dans nos métiers ?

Tout d’abord, que change l’IA dans le travail et dans les RH ?

L’IA change certaines pratiques RH


La gestion des parcours évolue dans la collecte et le traitement des données. Exemples :

  • La rédaction de fiches de poste,
  • La pré-sélection des candidats,
  • L’automatisation d’entretiens vidéo,
  • L’apprentissage personnalisé,
  • L’analyse des compétences ou encore l’identification des compétences cachées,
  • La prédiction du turnover…

En réalité, l’IA s’ajoute à un large mouvement d’innovations récentes en gestion de Data RH.


L’IA impacte surtout l’organisation et les conditions de travail

Le marché du travail va connaître une intensification des missions et des responsabilités. Ce qui inquiète est une certaine perte de marges de manœuvre, plus d’automatisation et moins de communication. Également, une possible baisse de transferts des compétences, et une hausse de la charge mentale liée à la gestion de tâches de plus en plus complexes !


Plus que jamais, le meilleur atout des candidats sera la capacité d’adaptation et d’anticipation…


Les compétences des travailleurs vont devoir évoluer


On peut s’attendre à une déqualification des métiers dont les tâches routinières et répétitives sont nombreuses, avec une automatisation de certains emplois. Qualifiés ou non, certains exigeront plus de spécialisation, le développement de nouvelles compétences transversales et des savoir-être en entreprise !

Quelques exemples et cas concrets :

  • Dans le secteur bancaire, les chatbot sont déjà en mesure de conseiller un client.
  • Dans celui de la santé, des logiciels peuvent diagnostiquer des pathologies très ciblées, jamais détectées auparavant.

Toutefois, ces logiciels ne pourront en aucun cas gérer la complexité liée à la prise de décision et à la gestion d’un patient comme d’un client.

Si on se place du côté de la relation, chaque métier requiert des compétences bien humaines : les fameuses Soft Skills, si chères à Evolve !

Quels métiers et compétences sont en danger face à l’IA ?

« Des métiers menacés, protégés, ou complétés »

Selon le dernier rapport de l’OCDE, on peut s’attendre à « des métiers menacés, des métiers protégés, et des métiers complétés ». Par exemple, des employés d’usine qui verraient leurs tâches les plus répétitives gérées par des outils d’IA, verront leurs métiers probablement menacés.

  • Certaines fonctions seront uniquement « complétées » : là où les salariés auront la possibilité de se former.
  • Pour la plupart des métiers, l’objectif sera d’apprendre à travailler avec les outils d’IA eux-mêmes, et de faire évoluer ses savoir-faire et savoir-être selon les missions non assurées par les nouveaux outils intelligents.
  • Les emplois liés à l’accueil et l’accompagnement des clients resteraient eux « protégés », là où il faut préserver tout l’enjeu de la relation client.


De nouveaux enjeux pour les fonctions RH face à l’IA

Concrètement, les services RH devront aider les salariés à rester irremplaçable et compétent face à la machine.

L’objectif sera de soutenir le développement de nouvelles compétences techniques et/ou personnelles, non remplaçables par ces nouvelles technologies.

D’où une valorisation des Soft Skills et la spécialisation des salariés à anticiper. Tout dépendra de la politique de l’entreprise, de l’attention accordée aux salariés et de l’éthique des dirigeants.

Aussi, de nouveaux risques liés à la protection des données, à la lutte contre la discrimination, à la santé et à la sécurité au travail émergent. La question de la santé mentale, particulièrement centrale de nos jours, ou encore de la RGPD, impose une réflexion au niveau de l’éthique.

Le vrai défi : accompagner les entreprises et les fonctions RH

Accompagner et former à l’IA

Dans son rapport, l’OCDE préconise clairement de miser sur la formation, et d’intégrer les compétences en IA dans l’éducation ou tout programme de formation professionnelle.

Un premier défi sera de repérer les tâches automatisables et gérables par l’IA, selon la complexité de la tâche, le risque d’erreur acceptable, et l’interdépendance des tâches au sein d’une organisation.

Les responsables RH devront se réinventer pour rechercher une complémentarité vertueuse entre l’IA et les collaborateurs


En tant qu’RH, comment anticiper l’arrivée d’outils d’IA ?

  • Sensibiliser les travailleurs aux enjeux de l’Intelligence Artificielle : techniques, juridiques, économiques ou éthiques. Le but ? Les rassurer et favoriser l’émergence de nouveaux talents, capables de travailler avec l’IA eux-mêmes.
  • Définir les fonctions automatisables (où l’on fera appel à l’IA) et les fonctions non automatisables (où l’humain reste indispensable).
  • Anticiper la gestion des talents et des équipes en fonction, pour permettre un juste équilibre des compétences entre maîtrise technique, technologique et soft skills.

En conclusion : des effets ambivalents sur les métiers… et des enjeux éthiques


Le travail des RH et des professionnels de la formation ne fait que commencer… et les entreprises auront tout intérêt à se faire accompagner dans la définition de leurs besoins futurs.

D’un point de vue technique, pour anticiper les transformations dans les métiers sur le terrain, et d’un point de vue éthique, pour veiller au respect de l’humain.

En bref, c’est le regard des dirigeants envers ses équipes qui tranchera ! En adoptant des pratiques responsables et transparentes lors de l’intégration d’outils à base d’IA dans tout process… et fiches de poste.